Le Nord recrute dans les métiers du cheval, et Armentières profite d’un bassin régional parmi les plus denses de France en la matière. Moniteurs d’équitation, palefreniers, maréchaux-ferrants : ces métiers manquent de candidats formés alors que la filière régionale reste l’une des plus actives du pays.
Une filière qui recrute, mais qui peine à trouver
Le constat dressé par France Travail dans son dossier consacré aux métiers du cheval ne varie guère d’une région à l’autre : les palefreniers soigneurs manquent, tout comme les lad drivers et les lad jockeys dans les centres d’entraînement, et les enseignants d’équitation restent très recherchés par les centres équestres. La branche santé du secteur, auxiliaire vétérinaire, ostéopathe équin, maréchal-ferrant, affiche des tensions comparables, faute de suffisamment de diplômés chaque année.
Cette pénurie ne touche pas un secteur marginal. Les centres équestres cherchent activement des moniteurs BPJEPS ou titulaires de l’attestation d’aptitude à l’enseignement (AAE) dès la fin du printemps, une saison où la demande grimpe avec l’affluence des cavaliers licenciés. Equiressources, la plateforme de référence gérée par l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), centralise l’essentiel des offres du secteur, un bon point de départ pour mesurer le volume réel de postes ouverts au niveau national.
La filière équine française se structure en trois grandes branches qui recrutent chacune selon des besoins spécifiques. La branche sport et loisirs regroupe les métiers des centres équestres, moniteur, directeur de structure, cavalier professionnel ou cavalier de spectacle. La branche élevage et courses couvre les palefreniers, lad-jockeys et lad-drivers. La branche santé, enfin, rassemble les auxiliaires vétérinaires, ostéopathes équins et maréchaux-ferrants. Un candidat qui identifie clairement la branche qui l’attire concentre sa recherche d’emploi, plutôt que de postuler au hasard sur des intitulés de poste très différents dans leurs exigences réelles.
Les métiers qui recrutent concrètement dans la filière
Cinq profils structurent l’essentiel des recrutements observés dans les centres équestres et haras du secteur.
- Moniteur d’équitation (BPJEPS) : encadrement des cours et de la compétition, poste le plus recherché des centres équestres, en particulier pendant la saison estivale.
- Palefrenier-soigneur : soins quotidiens, entretien des installations, alimentation des chevaux, un métier d’entrée accessible avec un CAP agricole.
- Lad-jockey et lad-driver : soins et entraînement des chevaux de course, formation spécifique en centre d’entraînement, très recherchés dans les zones proches d’un hippodrome actif.
- Maréchal-ferrant : spécialiste du pied et de la ferrure, exercé en salariat dans un haras ou en itinérant indépendant, un métier technique en tension chronique.
- Auxiliaire vétérinaire équin, poste d’assistance aux soins et au suivi sanitaire, en croissance avec la professionnalisation des structures équestres.
Ces métiers partagent un socle commun : la pratique quotidienne du cheval compte souvent davantage qu’un diplôme théorique isolé, sans pour autant dispenser de formation. Un candidat qui a déjà passé plusieurs années à monter en club, sans viser une carrière professionnelle au départ, part généralement avec une longueur d’avance sur les gestes de base attendus au quotidien : approche du cheval, sellage, pansage, lecture des postures d’inconfort.

Où trouver les offres locales près d’Armentières
Les grandes plateformes généralistes noient vite les offres locales sous des résultats venus de toute la métropole lilloise. Pour cibler précisément ce qui se passe à Armentières, un site comme Armentières Emplois recense les postes ouverts localement tous secteurs confondus, filière équine et agricole comprises, sans le bruit d’une recherche élargie à Lille ou à la Belgique toute proche.
Cette approche compte double pour un métier d’écurie aux horaires matinaux et fractionnés. Un palefrenier ou un moniteur qui travaille à proximité immédiate de son domicile gagne un temps précieux sur des journées qui démarrent souvent avant le lever du jour pour les soins du matin.

Le Nord, un territoire équestre plus riche qu’il n’y paraît
Armentières compte aujourd’hui environ 26 000 habitants et affiche un taux de chômage de 7,7 %, en légère hausse sur un an, avec un revenu moyen par habitant de 18 920 euros, en dessous de la moyenne nationale de 20 590 euros. Ce contexte économique local rend d’autant plus stratégiques les métiers manuels accessibles sans long parcours d’études, dans une région qui ne manque pourtant pas d’activité équestre.
Les Hauts-de-France comptent en effet 72 200 équidés selon l’Annuaire ECUS 2024, ce qui vaut à la région le surnom de terre équine d’excellence. La filière régionale génère environ 3 450 contrats de travail, dont plus de la moitié dans les 733 établissements équestres du territoire, qui accueillent au total 70 160 cavaliers licenciés. Avec 12 cavaliers licenciés pour 1 000 habitants, les Hauts-de-France se classent au 3e rang national, un chiffre qui traduit un ancrage équestre bien plus profond que l’image industrielle et textile souvent associée à la région.
La filière du trot pèse aussi lourd localement, avec 10 hippodromes actifs et 62 entraîneurs recensés dans la région, sans compter la proximité du centre d’entraînement de Chantilly. Trois races locales, le Henson, le Trait du Nord et le Boulonnais, bien que menacées par leurs faibles effectifs, entretiennent une activité d’élevage spécialisée qui recrute elle aussi ponctuellement, notamment lors des saisons de poulinage.
Cette densité équestre régionale change concrètement la donne pour un candidat basé à Armentières. Plutôt que d’envisager une mobilité lointaine pour exercer un métier du cheval, il devient possible de viser un poste dans un rayon de trente à quarante minutes, entre les écuries de la métropole lilloise, les centres d’entraînement du trot et les structures rurales du Nord et du Pas-de-Calais. Cette proximité géographique limite les frais de transport, un poste de dépense loin d’être négligeable pour des métiers dont la rémunération de départ reste souvent proche du SMIC.
Combien gagnent réellement ces métiers
| Poste | Salaire débutant | Évolution possible |
|---|---|---|
| Palefrenier-soigneur (CAP) | SMIC | Peu d’évolution sans spécialisation |
| Lad-jockey / lad-driver | SMIC à 1 900 €/mois | Selon centre d’entraînement et résultats |
| Moniteur d’équitation (sans BPJEPS) | 1 400 à 1 600 €/mois | Vers 2 000-2 500 € une fois diplômé |
| Moniteur d’équitation (BPJEPS confirmé) | 2 000 à 2 500 €/mois | Jusqu’à 3 200-4 200 € en expert BEES |
| Maréchal-ferrant salarié | SMIC | 80 à 100 € par intervention en indépendant |
La spécialisation change nettement la donne, en particulier pour les moniteurs. Un enseignant qui se positionne sur le concours de saut d’obstacles, le dressage ou l’éthologie facture ses cours particuliers 20 à 60 % plus cher qu’un moniteur généraliste, une marge qui devient significative une fois une clientèle fidélisée constituée. Un maréchal-ferrant indépendant suit une logique comparable : plus sa tournée couvre de chevaux fidèles sur un secteur géographique resserré, moins il perd de temps en trajets, et plus son revenu journalier grimpe au-delà du simple tarif à l’intervention.
Se former sans repartir de zéro
Le BPJEPS activités équestres reste la voie de référence pour devenir moniteur, accessible en formation initiale comme en reconversion pour adulte, généralement en alternance dans un centre équestre partenaire. La formation dure généralement un an et alterne modules théoriques et stages pratiques encadrés, une organisation qui permet à certains candidats de percevoir déjà une petite rémunération pendant leur cursus.
Pour les métiers de l’élevage et du soin, le CAP agricole reste le socle commun, que ce soit pour devenir palefrenier-soigneur ou lad-jockey en centre d’entraînement. Le CAP agricole lad-cavalier, plus spécifique, cible directement les métiers de courses et s’obtient généralement en alternance au sein d’un centre d’entraînement, condition quasi obligatoire pour développer les réflexes attendus autour d’un cheval de course, bien différents de ceux d’un cheval de club.
Le maréchal-ferrant suit un parcours à part : après un CAP agricole, la pratique s’affine sur plusieurs années aux côtés d’un professionnel confirmé, avant d’envisager une installation en indépendant. Ce compagnonnage reste indispensable, la ferrure exigeant une dextérité et une lecture du pied du cheval qui ne s’acquièrent que par la répétition sur le terrain, jamais uniquement en salle de cours.
Pour qui vise plutôt l’installation en élevage, notre guide sur la formation d’éleveur équin détaille le BPREA productions équines et ses conditions de financement, une voie complémentaire aux métiers salariés du soin et de l’enseignement. Le parcours complet pour structurer un projet d’installation est aussi détaillé dans notre dossier sur comment devenir éleveur équin étape par étape, utile pour qui envisage à terme de dépasser le simple salariat en écurie.
Quel que soit le métier visé, une immersion préalable reste le meilleur test avant de s’engager dans une formation longue. Passer quelques semaines comme bénévole ou stagiaire dans un centre équestre ou une écurie de courses révèle vite si le rythme physique, le travail le week-end et les conditions climatiques parfois rudes correspondent réellement au projet, bien mieux qu’une brochure de formation ou un témoignage lu en ligne.
Prochaine étape concrète : consulter les offres publiées sur Equiressources et sur les plateformes locales, et contacter directement les centres équestres et écuries de courses de la région pour connaître leurs besoins en alternance avant la rentrée. Le secteur cherche des mains formées et disponibles, bien plus qu’un CV parfait sur le papier.


